Le mystère du Saint Graal

Une article écrit par Mia Leene.

I - Le mystère du Saint Graal

La Légende du Graal est une tradition datant d'avant notre ère.

Vous savez probablement que la légende du Graal, avec sa figure centrale du Roi Arthur, est traduite, rédite et expliquée de diverses façons.

Les efforts des historiens et de nombreux chercheurs pour résoudre le mystère du Graal, pour l'établir, à la rigueur, sur un fondement historique, ont été sans résultat.

Dans le cas le meilleur, on a conclu que le Roi Arthur et ses Chevaliers de la Table ronde étaient des figures qui devançaient l'humanité par leurs efforts nobles, vaillants et surtout humains.

Cette légende, cependant, renferme bien autre chose.

Le premiers récits, relatés et répandus sur ce Graal, ont circulé pendant le moyen âge.

L'origine de ces légendes se perd dans un obscur passé, attendu que beaucoup de ces aventures symboliques démontrent une époque préchrétienne.

Ainsi, Merlin le Sage, dernier frère de la fraternité Druidique, doit avoir été relié à tous les prêtres Druidiques précédents qui prêchaient la Doctrine Universelle que l'humanité d'à présent ne connaît plus.

Pour comprendre les légendes du Graal, on doit, tout d'abord, partir du point de vue que l'enseignement chrétien tel que nous le connaissons de nos jours, provient d'une antique religion, connus déjà depuis la création du monde.

Savez-vous qu'on peut reporter beaucoup de récits, d'aventures et de paraboles de notre Bible, aux enseignements orientaux, aux mythes, grecs et à la sagesse égyptienne?

Que la vie de Jésus le Seigneur est comparable, sinon à toutes, du moins à beaucoup d'aventures semblables d'anciennes figures mythiques, de philosophes, de personnes légendaires?

Ceci prouve que les récits concernant Jésus le Seigneur doivent se baser sur un antique passé, sur une langue universelle que tous les peuples, au cours des siècles ont parlée.

Il en est de même pour les légendes du Graal.

L'Enseignement contenu dans ces légendes reporte à la Langue Universelle, employée par de nombreux et éminents Messagers de l'humanité, et qui n'est certes pas cachée uniquement dans l'enseignement Chrétien des temps modernes.

En Allemagne, ce fut l'écrivain Wolfram von Eschenbach qui traduisit les légendes du Graal, lesclassa à sa manière et les introduisit dans le monde sous Forme de romain.

En France, ce fut Chrétien de Troyes qui, l'histoire le prétend, les traduisit d'un livre que lui avait remis Philippe de Flandre et qui apporta à l'humanité cette unique interprétation des récits anciens.

En Angleterre, c'est Sir Thomas Malory qui brigue l'honneur d'avoir effectué la traduction et rassemblé la collection la plus authentique des légendes du Graal.

Néanmoins les récits originaux ont paru simultanément en France, et en Angleterre et proviennent vraisemblablement des données et traditions orales ramenées d'Orient par les croisés.

L'enseignement que contiennent ces récits doit donc être un enseignement oriental concordant avec l'antique doctrine des Druides, dans laquelle on retrouve aussi des points de vue Orientaux.

En réalité, on ne peut trouver d'origine démontrable de la naissance des légendes du Graal parceque, dans chacune des désignations mystiques, les enseignements religieux de l'Orient et de l'Occident sont tissés les uns dans les autres.

Au moyen âge, les auteurs ont fait de leur mieux pour unifier de façon digne de foi, tous ces récits chevaleresques ces aventures en apparence incroyables et l'apparition merveilleux du Graal.

Ils adaptèrent l'ensemble à leur époque y ajoutèrent une coloration, chrétienne occidentale et le présentèrent alors aux hommes en tant que traditions du Roi Arthur et de sa noble Table-ronde, fondé. sur les conseils de Merlin et dont certains chevaliers partirent à la recherche du Graal.

Quel fut celui qui, finalement, trouva ce Graal?

Cela reste un problème, dont on se tire par quelques mots sans profondeur; quelques uns disant que ce fut Perceval, d'autres pensent que l'honneur en revient à Galaad; d'autres encore croient que ce fut Gauvain, ou bien Bohor, qui fut chevalier du Graal.

La vraie solution se trouve dans les légendes elles-mêmes quand on consulte les antiques traditions et que l'on s'approche de leurs récits. d'un point de vue mystique-religieux.

Trouve-on un jour, la clef cachée dans la façon gnostique, scientifique de les envisager, on arrive à une solution qui s'impose d'elle-même. Chrétien de Troyes, n'a pu achever ses poème sur le Graal, d'autres le firent pour lui et, après la parution de son œuvre, un véritable engouement pour le Graal naquit en de nombreux pays d'Europe.

Le Roi Arthur fut connu dans le monde entier comme le Roi noble vaillant, juste et bon et nul homme, d'un littoral à l'autre, n'aurait pu se mesurer avec lui.

On voulut concrétiser par des signes visibles les symboles du Graal, des savants de partout se penchèrent avec ardeur sur son mystère grandiose, mystère qui ne sa laisse pas saisir par ceux qui cherchent des preuves matérielles.

Ainsi surgirent un à un, les châteaux-du-Graal, défendus chacun par ses propres partisans.

Voici Montségur, dans les Pyrénées, au sud de la France, reconnu spécialement par les partisans de Wolfram von Eschenbach et les disciples da Rudolf Steiner, pour être le Château du Graal.

En Espagne, c'est Montserrat qui recueille beaucoup de partisans français. Dans les ruines du château de Vicdessos, situé à Montréal, dans les Pyrénées Françaises, on trouve gravées dans la pierre les traces de symboles du Graal.

En Angleterre ont dit que Joseph d'Arimathie serait enterré avec le Graal dans l'Abbaye de Glastonbury où le Roi Arthur aurait, lui aussi, trouvé son dernier repos.

Glastonbury est dit-on, le lieu où l'on situait jadis les Iles d'AveIon, lesquelles ont joué un rôle important dans les légendes du Graal.

Elles sont réputées comme étant le refuge spirituel de Merlin, lorsqu'il eut accompli sa tâche, celui où, son heure venue, Arthur voulut se rendre. et où, dit-on aussi, Joseph d'Arimathie apporta le Graal, la coupe dans laquelle il recueillit le sang du Christ mourant sur la croix. Pour d'autres, ce Graal, cette coupe est le calice où but Jésus lors de la Saints Cène; pour d'autres encore, le Graal, est une émeraude énorme et très rare qui révélerait le sang de Jésus à ceux qui en sont dignes; pour d'autres enfin, c'est une pierre mystique que nul ne connaît mais qui recèle pouvoir de guérir toutes les maladie, et de prévenir toutes les catastrophes.

Vous pouvez constater que l'on va jusqu'à douter même de la réalité gnostique du Graal.

On raconte, d'autre part, que le Graal, caché dans Montségur fut emporté secrètement par quelques chevaliers, dans la nuit de la trahison, quand le château menaça de tomber aux mains de l'assiégeant. Des histoires identiques circulent autour des autres châteaux.

En dépit du courant de preuves sur lesquelles s'appuie laque récit, le Graal demeure un mythe intangible au milieu des chercheurs et nul n'a réussi à faire sortir ce mythe de son irréalité.

Ceci ne signifie pas qu'il repose sur un mensonge.

Tout mythe se fonde, originellement, sur la vérité et la réalité.

Il est donc nécessaire de transposer ces légendes du Graal sur un plan uniquement spirituel pour partir, de là, vers une nouvelle quête. Ces légendes n'ont jamais envisagé une recherche, par l'humanité entière, de la coupe d'or ou de cristal dont Jésus se serait servi une foie et que Joseph d'Arimathie aurait conservée; pas plus qu'elles n'avaient en vue une pierre jalousement gardée par les Grecs en un lieu souterrain.

Non, l'intention a toujours été que, grâce aux légendes du Graal, les hommes se mettent en quête d'un But, d'une tâche, d'une mission sublime.

La récompensa accordée au chevalier n'était pas de pouvoir contempler la Coupe d'Or ou de jouir d'un repas servi par elle, pas davantage, la permission de boire à cette coupe sacrée.

Non, sa récompense était celle-ci:

"par la contemplation du Graal, il lui serait accordé de voir le commencement et l'origine de toutes chose", vision magnifiquement décrite dans l'une des antiques versions des légendes du Graal.

Que l'on ait voulu à tout prix aller à la recherche du château des légendes, ou plutôt "du château des aventures", cela provient uniquement de ce que l'homme a toujours besoin d'une preuve tangible des choses qu'il ne peut voir ni saisir.

L'homme à l'esprit scientifique n'accepte pas une légende comme réalité s'il ne peut la rattacher à la matière.

Là où la légende cesse d'être légende pour devenir histoire, elle devient acceptable pour tous.

Si donc un homme peut mesurer avec sa propre mesure, il est prêt à accepter la vérité découverte, mais ne vas pas au-delà.

Et aussi longtemps que l'on peut présenter le Graal comme une relique comme un objet saisissable, ont est prêt à accepter tous les récits qui l'entourent, mais si l'on prétend que cette relique même n'existe pas, oui, si l'on va jusqu'à douter que Jésus y ait bu une fois, alors, toutes chose tangible s'écoulant autour de l'homme il rejette tout.

Les châteaux, qu'on présente actuellement comme étant ceux du GraaI furent des lieux où de nombreux hommes réalisèrent et répandirent de façon très conséquente une vie de l'esprit.

Autour de ces lieux, circulent des légendes de souffrances, de sacrifice et de gloire.

Mais c'est par esprit romantique et surtout matérialiste que les hommes relient ces châteaux avec le Graal,

Dans les récits anciens, ce n'est donc pas cette coupe qui représente le but du chemin, c'est une Pierre inconnue chez les hommes, et qui symbolise la célèbre Pierre Mystique ou Pierre des Sage.

C'est cette Pierre qu'ont en vue les Rose-Croix du moyen âge, les kabbalistes, les Pythagoriciens, les disciples d'Hermès le Trismégiste.

A travers l'histoire entière de l'humanité, c'est cette Pierre Cubique qui concrétise le but de toute aspiration spirituelle.

La Fraternité des Chevaliers de la Table ronde fut établis sur la fondement de l'antique fraternité Druidique dont le but était de réaliser dans son sein l'aspect spirituelle plus élevé.

L'existence des Druides n'a pas besoin d'être provuée historiquement, bien qu'ici l'histoire et la légende se confondent à nouveau.

Le fait essentiel fut que, par l'intermédiaire de Merlin, la message du Salut fut transmis au Roi Arthur (laissons de côté pour le moment la signification exacte de ce personnage) grâce à quoi la diffusion du chemin de la délivrance fut fixés dans les légendes au moyen des aventures symboliques contenues dans les récits chevaleresques.

Il n'existe nulle part au monde de château où l'homme puises trouver le Graal, s'il n'a pas lui-même été trouvé digne du chemin qui y mène.

Alors, devenu intérieurement plus sage, il rejettera l'existence d'un château extérieur du Graal et découvrira le château intérieur spirituel, sans forme ni lieu.

Que ceux qui connaissant les légendes du Graal se rappellent ce qui est dit de Lancelot, après être entré dans le château, incapable d'accepter le Graal, de le réaliser, il est obligé de repartir et il est écrit que "lorsque Lancelot voulut regarder une fois encore derrière lui pour contempler le beau château des Aventures, il ne vit rien que la plaine aride et nue du paysage."


Nous avons l'intention, par une série de conférences, de vous introduire plus avant dans les secrets des légendes du Graal, de vous dire ce qu'elles furent dans les traditions anciennes britannique et française, afin que vous voyiez que les légendes du Graal recèlent la même vérité que la Bible chrétienne et que ces traditions ont existé depuis la création du monde.

Quiconque aspire à la vérité et à la vie de l'esprit doit être à même de renoncer à toute forme, à toute matière car celui qui veut emporter la matière dans sa quête spirituelle du Graal, ne sera jamais capable d'en découvrir la Réalité.

C'est pourquoi l'homme qui veut sonder la profonde sagesse de la langue Universelle, qui veut pénétrer et traverser la confusion que des méditation séculaires ont apportées sur le mystère, celui-à doit prendre congé de toutes formes - pensées existantes et se place neutre et ouvert, devant un point de vue nouveau.

Car celui qui veut unir l'esprit aux normes et associations humaines, celui-là souille l'esprit et sera incapable de se séparer de la matière.

Le chercheur spirituel doit admettre qu'il n'existe en réalité qu'une seule Religion Universelle, gravée dans une langue unique de sagesse.

Le mystère du Graal interprète lui aussi cet Enseignement Universel mais la vue courte d'une humanité reliée à la terre transforma la plus belle des traditions en une histoire chevaleresque, médiévale et chrétienne.

Et ce qui s'est produit pour toutes les traditions antiques se répète pour celle-ci: sa grande sagesse a été voilée par les valeurs fausses et superficielles afin que la grandeur du Message du Salut ne pût pénétrer jusqu'à une humanité misérable.

C'est, exactement ce qui s'est passé.

Car jusqu'à présent, l'énigme de l'homme a couvé sous les narrations entourant les "châteaux du Graal", "la Coupe du Graal", le "bon Roi Arthur".

L'aspiration du monde-entier à la Bonté a été emprisonnée dans la légende du Roi Arthur, personnification de toute bonté!

Et, à part celui qui, seul, va en quête de valeur plus profondes, la plus grande partie de l'humanité s'en contente.

Le secret du Graal, cependant, n'est dévoilé qu'à celui qui est allé la chemin préparatoire à la quête du Graal, car nul indique ne peut pénétrer ce secret!

Puisse ce merveilleux mystère des légendes du Graal nous être dévoilé, puisse-il se lever en Nous.

Dans ce souhait, nous nous proposons de reprendre nos entretiens d'ici quinze jours, le pour vous parler du "Trésor des Persécutes.

II - Le trésor des persécutés 

En approfondissant le mystère du Saint Graal, nous nous apercevons peu à peu que l'humanité tout entière aspire au Trésor qui fut celui de toutes les Saintes Fraternités.

Pour rechercher ce Trésor, on fait actuellement des fouilles dans les ruines du château de Montségur, dernier bastion des Cathares; dans les Pyrénées, au sud de la France.

Des messes sont célébrées par des jeunes prêtres catholiques-romains, dans l'intention de purifier la conscience des églises de la grande infamie des persécutions.

Des pèlerins de courants religieux divers gravissent péniblement la pente raide du Montségur; "Le mont de la Certitude" pour chercher paix et recueillement là où ont vécu et où sont morts des centaines de saints.

Mêmes pèlerinages au château de Montréal ainsi qu'en Espagne où le Montserrat est lui aussi, la montagne des pèlerins.

De même aussi, en Angleterre, vers la chapelle en ruines de Glastonbury où se trouverait le sépulcre de Joseph d'Arimathie, et où le Graal aurait trouvé son dernier refuge.

Il faudrait, pour découvrir l'origine de la légende du Graal, remonter au temps des Celtes. qui, de l'Orient, rapportèrent une religion appelée à se répandre sur le monde entier.

D'importants groupes Celtiques se chargèrent de transmettre la Bonne Nouvelle Divine comme ils l'avaient eux-mêmes reçue de leurs ancêtres et des mages de l'Orient; car leur origine se perd dans la nuit des temps.

Ils seraient, a-t-on dit, la postérité des antiques peuples atlantéens et quelques-unes de leurs constructions - Pyramide de Gizeh - statues de l'Ile de Pâques pierre monolithiques disséminées dans le monde entier, rappellent les vestiges illustres de races disparues.

Le Peuple Celte n'était pas une race pure, mais un mélange de races différentes.

Les Celtes portaient les caractéristiques de plus d'une culture éminente et ils étaient doués d'intelligence et de sens artistique. Malgré les traits de vaillance que nous relate l'histoire, c'était un peuple plutôt paisible, moins belliqueux que les peuples qui le menaçaient.

Des documents récemment découverts prouvent qu'ils étaient en relation avec tous les pays de la terre et qu'ils auraient pénétré en Amérique du Nord un millier d'années avant la découverte de Christophe Colomb.

De là les nombreuses et énigmatiques pierres monolithiques de l'Amérique du Nord.

Ces Celtes couraient le monde par petite groupes pour prêcher le message du Salut - et établirent un peu partout des sanctuaires, des monuments, pour y adorer leur Dieu.

C'est ainsi que le mystère du Graal se base sur cette antique légende apportée d'Egypte et d'Asie par les Celtes.

Ces légendes ne sont pas nées au Moyen Age; ni dans le Christianisme, mais bien dans le mystique Orient.

Aux temps chevaleresques du moyen Age on a tissé autour d'elles des romans de chevalerie.

L'un des premiers conteurs des légendes du Graal, Chrétien de Troyes, fonde ses récits sur un antique document apporté de l'Orient par les croisés.

Ce document semble avoir contenu une légende manichéenne, une tradition de cette Fraternité qui prêcha vers l'an 200 environ, comme le firent les Cathares au Moyen Age, le Message de l'Amour.

En Grande Bretagne, où les légendes du Graal sont bien connues aussi, c'est Sir Mallory qui les reprit de l'histoire britannique ancienne.

Ces légendes abordèrent aux Iles Britanniques par les peuples étrangers, par les Celtes, qui y fondèrent des ordres religieux.

Elles furent vivifiées plus tard par l'écho des croisés, dont Richard Cœur-de-Lion fut l'un des guides.

Quelques recherches qu'on ait pu en faire, c'est en Orient qu'il faut trouver la Source de ces légendes; les traditions historiques rapportent également que la Coupe du Graal fut transmise aux pays occidentaux - l'Angleterre et la France; par Joseph d'Arimathie.

En étudiant les anciennes traditions. l'on remarque que les Chevaliers du Graal voyagent continuellement d'Angleterre en France et de France en Angleterre; comme si ces deux pays ne fussent qu'un seul et même continent.

Il en était ainsi en effet, dans un passé reculé.

Donc il est manifeste que ces légendes se fondent sur cette époque lointaine, bien avant que ne fût connue l'histoire de Jésus-Christ.

Les noms des chevaliers eux-mêmes ont un sens symbolique; ainsi Perceval signifie, par soi-même, indication valable pour la mission du Graal qui est "auto-réalisation" et qui fait comprendre aussi pourquoi Perceval ne posait jamais de questions, dit-on.

Le silence sacré le lui interdisait.

Ainsi le Graal fut trouvé par trois Chevaliers: Galaad - Perceval - Bohar - personnifiant trois types d'hommes: la magique - l'intellectuel - le mystique.

Cependant, cinq chevaliers, finalement ont vu le Graal, car Lancelot et Gauvain, eux aussi, l'ont contemplé, mais sans avoir, toutefois, éprouvé son action.

Cette quintuplicité se réfère à la perfection de l'être-Ame divin microcosmique. Les cinq chevaliers du Graal représentent les cinq courants qui se Forment dans l'humanité sous l'influence des cinq éléments.

Certains hommes ne réagissent qu'à un seul élément;

d'autres à deux,

d'autres encore, tantôt au premier rayon, tantôt au troisième.

Rares sont ceux qui vivent constamment de l'ensemble et par l'ensemble des cinq éléments.

Galaad, était de ceux-là, Galaad, la Chevalier qui, non seulement, contempla le Graal, mais encore ressentit son activité et surtout réalisa le Graal, de sorte que avant de mourir, dit la légende, il put contempler le Graal lui-même "afin que le présent - le passé et l'avenir lui fussent dévoilés comme en un livre ouvert".

Galaad meurt alors, c'est-à-dire que, tandis qu'il dépouille l'ancienne personnalité, il s'élève tout entier dans le nouveau Devenir-Humain.

On ne sait, dès lors, plus rien de Galaad dans ce monde.

Dans les récits postérieurs, les conteurs ne furent pas d'accord sur le nom du vainqueur, parmi les trois chevaliers; Bohor, Perceval, Galaad; car ils ont un grande partie reproduit les traditions de Chrétien de Troyes, mais celui-ci n'ayant pu terminer son œuvre, l'identité même du Chevalier du Graal est restée, dans son récit, un mystère.

Wolfram von Eschenbach place, au Centre, le nom de Perceval-Ie chevalier de l'auto-réalisation; ce qui ne semble pas étonnant si l'on sait qu'Eschenbach avait. de la vie, une conception occulte, basée par conséquent sur une réalisation de soi par l'intellect, par la personnalité.

Toutefois, Perceval n'est jamais parvenu; même à l'aide du Graal, à franchir les limitations.

Il atteignit le but, mais ne put aller plus loin, ne pouvant répandre au dehors ce qu'il avait réalisé en lui.

De même, Bohor.

Tous deux, Bohor et Perceval, cherchèrent à leur façon, le premier, par la mystique, le second par l'intellect et l'occulte.

Mais Galaad, après bien des faux-pas, découvrit le vrai chemin, y faisant coopérer et le cœur et la tête.

Perceval et Bohor l'accompagnent en tant que collaborateur les plus proches, en tant qu'élèves, sur le chemin qui le ramène au Graal.

Galaad est aussi la petit-fils du Roi-pêcheur, c'est-à-dire, directement relié, par le sang, au Messager Divin, à celui auquel le Graal apparaît.

On pourrait s'étendre encore bien davantage sur toutes ces figures légendaires. Nous pourrions vous présenter une manière de voir très différente des aspects habituels; car quiconque sonde les légendes y découvre un secret, différent toutefois pour chacun.

Chaque chercheur, chaque type d'homme peut y trouver quelque chose, dans la mesure où sa conscience s'agrandit.

Les secrets découverts augmentent, des secrets plus profonds lui sont révélés, des trésors qui n'étaient dévoilés jusqu'ici qu'au petit nombre.

Généralement l'on considère que le Roi Arthur est le modèle du roi noble et sage; de qui viennent toutes notions de courage, d'honnêteté de bonté que l'on peut rencontrer sur terre

Mais ce point de vue est totalement injustifié.

Nous avons à vous montrer de façon précise les personnages, et les figures qui se cachant derrière les personnalités marquantes telles que le Roi-Pêcheur, sa fille, la Mère de Galaad, et surtout Merlin, te vieux sage qui transmit la légende du Graal au Roi Arthur "comme étant l'homme qui possédait la possibilité".

Ce Merlin est un des derniers survivants de l'ordre des Druides, connaissant le secret de la légende du Graal. Il ne fit pas qu'en transmettre le récit, mais fonda uns nouvelle jeune Fraternité, c'est-à-dire offrit à Arthur son Trésor spirituel sacré, afin que ce secret du Graal fût communiqué par le Roi Arthur aux 12 chevaliers qui devaient répandre le message.

Cette Table-ronde du Roi Arthur n'a absolument pas de rapport avec la Table de la Sainte Cène de Jésus, qui n'était pas encore connue sous cette forme par les anciennes Fraternités.

Ces Fraternités prenaient comme base la présentation do-décuple du zodiaque, le rapport do-décuple de l'homme avec le zodiaque, au moyen de sa lipika ou centres auriques.

Chaque chevalier devait, pour lui-même, tenter la quête du Graal, Arthur, également.

Mais que fait-il? quand ses chevaliers partent, il pleure.

Le signal du départ est donné quand apparaît, au milieu d'eux, Galaad.

Calaad, l'homme qui parvient à la victoire, l'appelé - celui qui les précède.

C'est la profondeur de ce secret du mystère du Graal qui fit naître au cours de l'histoire, toutes ces persécutions contre ceux qui savaient, ceux qui connaissaient le secret et qui pouvaient grâce à lui, vivre comme ils le faisaient.

Comportement de vie qui, justement, suscita la jalousie; parce que beaucoup savaient que ces frères avaient trouvé le Trésor spirituel. Alors qu'eux-mêmes, avec tout leur savoir, malgré tous leurs efforts et leurs désirs, étaient incapables de le saisir.

L'histoire ne se répète-elle pas continuellement?

Ces légendes du Graal, relatent des événements où la jalousie entre en jeu - où toutes les émotions humaines jouent leur rôle.

La jalousie, cependant, est un sentiment susceptible d'empoisonner intérieurement à tel point qu'il occasionne la mort, la mort de l'âme, dans sa queste au Trésor des persécutés!

Ce que voulaient ces jaloux, et on en trouve parmi tous les personnages renommés de l'humanité; c'est que les secrets restent enfouis dans les traditions du mystère du Graal.

Mystère qui se déroulait jadis autour d'une Pierre mystique ou d'un Trésor sacré, afin que nul ne peut trouver la Vérité!

C'est pourquoi ces légendes furent conformées au monde; aux conceptions des occultistes, ainsi qu'aux conceptions des mystiques et des moralistes.

Il fallait faire une petite place à l'antique légende Celtique, autrement dit: au Saint Massage, dans le cadre ordinaire de la pensée humaine, afin que ne s'éveillât aucune âme-en-quête.

Méthode aussi vieille que le monde d'accaparer la Vérité - de la fausser, avec l'aide de serviteurs conscients ou inconscients.

Beaucoup se satisfont par de simples visites dans les divers Châteaux du Graal. D'autres, l'image du roi Arthur devant les yeux, vivent une vie exemplaire.

D'autres encore s'efforcent, à la manière occulte, de réaliser le Graal intérieur, mais quelques-uns seulement peuvent tel Galaad, par l'effort, par la réalisation, répandre leur Graal, fouiller la Pierre Mystique, pour transmettre à ceux qui sont murs, la Sagesse qu'ils ont trouvée.

En Angleterre on va an pèlerinage au lieu du dernier repos de Joseph d'Arimathie et du Graal.

En France, on visite avec recueillement les Châteaux du Graal.

Nulle part on ne trouve la certitude que ce Graal, cette coupe mystique, joue réellement un rôle dans les légendes.

On a gardé également à ce Graal sa signification chrétienne.

Il est question ici de la Pierre des Sages, de la Perle, dont parle le vieux poème manichéen, qui doit être reprise au serpent qui veille sur elle jour et nuit.

Les mêmes récits se déroulent autour du Trésor du Temple de Salomon. Les objets matériels y jouent partout un rôle important.

On oublie - ou bien les contes ainsi falsifiés provoquent cet oubli dans l'humanité, la chose essentielle, les valeurs spirituelles.

Dans les antiques légendes autour du Graal, on confond parfois le Trésor de Salomon et la Pierre mystique.

Confusion très explicable, les légendes ne parlant que d'un seul et même Trésor.

Celles du Temple de Salomon parlent, comme Trésor le plus grand, du Bassin d'Hiram Abiff - et de ses outils.

Tout cela a disparu, pour la bonne raison que le Temple de Salomon est devenu un Temple extérieur - un monument intelligible.

Jamais la Reine de Saba n'y est entrée.

L'autel dont parlent les antiques traditions est devenu, lui aussi, un trésor extérieur, un objet ordinaire où se professe une religion extérieure.

Et la sainte auréole que les traditions tissèrent autour de cet autel - y est placée par ceux qui ne font que redire les faits, n'approchant que le bord du secret et ignorants de ses profondeurs.

La légende ne dit-elle pas: Et le bassin de Hiram Abiff - où la prêtresse devait se baigner avant d'entrer dans le sanctuaire éclata. La jalousie intervient ici aussi.

C'est la jalousie qui entrave l'accomplissement du Saint Travail.

C'est la jalousie qui prive de leur gloire bien des figuras légendaires du Graal.

Si l'on veut faire naître en soi-même la valeur du Graal, la Connaissance de la Pierre Mystique, la Sagesse du Trésor des Cathares, il faut, tout d'abord dire adieu aux émotions humaines; car aucune impulsion humaine, c'est-à-dire reliée à la terre - ne doit plus parler en nous.

Le Chevalier en quête du Saint Trésor doit être exclusivement dirigé sur son but pour l'amour duquel il doit tout abandonner, poussé par une aspiration plus forte que lui-même, une aspiration qui la relie en même temps avec son Divin Mandataire, aspiration qu'il porte dans son sang qu'il a acquise par sa naissance.

Par le réveil de son âme divine, il est en liaison directe avec le Graal lui-même seul, l'attend le "chemin du retour".

Tous ceux en qui est nés cette aspiration sous l'influence de "l'âme perdue en Dieu" sont des Galaad.

Ils remporteront sûrement la victoire à conditions de suivre les instructions.

Dieu vous donne d'entrer un jour dans le château du Roi Pêcher, là-bas où est gardé le Graal mystique où l'on veille sur la Pierre Cubique.

Et ceux qui ont ouvert la secret du Graal, ceux-là ne se délaissent jamais, ils forment une nouvelle Fraternité antique sanctifiée par la sainte Fraternité-antique sanctifiés par le sainte nourriture que tous puisent dans le Graal - pour eux Source inépuisable de Vie.

III - Merlin, le sage derrière le trône du roi Arthur

C'est de façon tout autre que de coutume que nous désirons vous parler de Merlin, le Magicien bien connu, de la légende du Graal. Au cours de l'histoire, on a toujours considéré Merlin comme un magicien noir, comme une Force diabolique, sur laquelle Arthur s'appuyait pour remporter ses grandes victoires.

Il ne cadrait absolument pas avec les transformations chrétiennes qu'à subies le légende du Graal au cours des siècles.

Parfois le conteur adapta le personnage à sa propre conviction personnelle et en fit un sage chrétien, mais Merlin, le mystère derrière le trône, n'était pas une figure adaptable aux idées de l'homme non-spirituel, au monde des pensées de deux qui veulent tout infléchir sur le plan horizontal de ce monde.

Merlin était une figure entourée des réminiscences d'une antique Fraternité : la Fraternité des Druides, les messagers que les idées infiniment variées de toutes sortes de types humains revêtirent, elles aussi, dans les cours des temps.

Jusqu'à présent le Roi Arthur est demeuré la figure dominants dans les narrations autour de la légende du Graal, la personnage autour duquel tout tourne, le noble roi - le prince plain d'amour - le modèle donné un exemple à toutes sortes de peuples sur terre.

Merlin est resté à l'arrière-plan comme un personnage obscur, celui auquel on n'aimerait guère avoir affaire.

Ceci pour la simple raison qu'on ne peut comprendre sa sagesse.

On raconte parfois que Merlin charges Arthur de fonder une table-ronde de 12 chevaliers à l'exemple de Jésus et de la table de la Sainte Cène.

Rien n'est moins vrai.

Merlin le vieux sage, fût le dernier frère survivant d'un Druidisme pur.

En son temps, l'époque de la transmission du Graal au cinquième siècle donc, le jeune christianisme nouveau, guidé souvent par des éléments aux instincts meurtriers, avait pénétré profondément en Angleterre.

Cà et là, on rencontrait encore de petits groupes hésitants de païens, c'est à dire de druides et de premiers chrétiens qui avaient apporté directement de Palestine la nouvelle doctrine.

Ces premiers chrétiens étaient purs dans leur conviction, parfaitement ouverts à l'égard de leur tâche, prétendue ou véritable transmettre le Message de Jésus.

C'étaient des hommes nobles, éminents, qui avaient été chassé de Palestine. Ils vivaient comme de vrais apôtres dans la simplicité et la modestie.

Lorsqu'il rencontrèrent les membres d'ordres Druidiques, d'ordres Celtiques, ils saluèrent ces sages comme des amis, comme des frères, car aucun Druide ne montra d'incompréhension de l'égard de nouveaux venus qui comptaient venir prêcher un jeune message inconnu.

Ils acceptèrent la "nouvelle foi", la mêlèrent a la leur et s'unirent avec les apôtres.

Ainsi naquirent les "Culdées", groupes de personnes célébrant le même culte et qui, ensemble, en unité répandaient un message et vivaient dans la solitude.

Mais les Druides savaient que leur temps était passé, qu'ils devaient s'abandonner à un temps nouveau, celui du christianisme, à l'influence du Messager venu d'Israël.

C'est ainsi que l'Angleterre entre dans une période de lutte - lutte non sanglante toutefois - entre le peuple et les nouveaux apôtres.

La lutte devient sanglante lorsqu'à un certain moment un corps religieux dans le monde croit être le seul à détenir le pouvoir de répandre le message de Jésus.

Un tel pouvoir devant être établi et maintenu, ceci ne peut se faire que par l'épée.

Une série suivante d'apôtres précédée de toute une armée de soldats fait irruption en Angleterre.

Et c'est dans un déluge de sang et de larmes que les ordres de "Culdées" sont extirpés totalement exterminés.

Les chapelles de bois sont brûlées fut, les généreux sages les premiers Chrétiens venus en ce pays par une impulsion intérieure, sont prescrits ou mis à mort.

Des dizaines d'années s'écoulèrent avant que le nouveau christianisme fût en état d'éteindre l'appel lancé par les Druide et les premier chrétiens.

Des siècles durèrent encore avant que la Grande Bretagne, la terre où fut transmise la légende du Graal, reconnût la puissance de Rome, exclusivement établie par usurpation.

Les choses en étaient là quand Merlin fit son entrée dans le monde. A l'instar de la légende du Graal, nous l'appelons Merlin mais ce nom symbolique désigne tout Messager quel qu'il soit.

Il est la personnification de tous les frères - Druides de ceux qui doivent céder la place à une période tout autre - la période chrétienne, celle des religions extérieures.

Car Merlin n'a pas d'existence réelle, c'est véritablement un personnage de légende.

Au cinquième siècle, afin que la Vérité Universelle ne périt pas, foulée aux pieds par le matérialisme du christianisme extérieur, il fallut recourir aux druides pour répandre le Message de la Vérité. Mais l'appel d'un Message Nouveau, le Message de Jésus-Christ, commençant de circuler partout, l'appel des Druides dut se taire et la Sagesse druidique fut enfermé dans les légendes.

Ces légendes orientales qui traitaient d'une Pierre Mystique, d'une miracle vivant pouvant être ressenti par tous ceux qui trouveraient cette Pierre, ces légendes furent emprisonné dans le temps.

Et le Chemin - le méthode, pour trouver cette Pierre fut abandonnée aux limitations du temps - mais continua cependant à se transmettre à bouche à oreille, jusqu'à ce que les Croisés au moyen âge, eussent découvert ce Message de Vérité comme un secret caché en Orient.

Ainsi l'antique légende apparut en France et gagna l'Angleterre, à la rencontre de la lumière terrestre.

Car, au-delà de la mer, la légende ne trouvait plus d'écho que dans les lieux qui avaient conservé vivants les souvenirs des Druides.

Soudain, cependant le monde antier en eut connaissance.

Ses secrets, ses trésors cachés furent pris en note par tous ceux qui savaient écrire.

Et toutes ces traditions s'accompagnaient de pensées, d'impressions et de convictions personnelles, revêtant un manteau extérieur adapté à l'époque, les légendes du Graal à peine nées, car dans l'invisible, les Hiérophantes veillent sur le Message du Salut afin que nulle main profane ne transforme la Vérité en mensonge.

C'est ainsi que le Roi Arthur apparut dans le monde, en tant que héros extérieurs tout comme Jésus-Christ était devenu un exemple extérieur.

On voulut de même faire de Merlin la personnification d'un prêtre de la chrétienté extérieure.

Mais tant que les légendes vivront autour de Merlin et prouveront son origine, ce sera chose impossible.

Ces légendes ressemblent curieusement à l'histoire de Jésus, car Merlin, lui aussi, est né d'une vierge.

Cette vierge devenue l'opprobre de la société - fut persécutée par la justice terrestre parce qu'elle se disait enceinte d'un incube, c'est-à-dire croyait avoir été fécondée par un esprit de la nature.

Il est probable que les intellectuels sceptique réfuteront une affirmation aussi ridicule, mais nous devons considérer les légendes entourant Merlin, d'après leur époque: dans les premiers siècles environ après Christ.

Le Druidisme, en effet, était étroitement relie aux esprits des bois, aux esprits des arbres, aux elfes.

De même que Marie, la mère de Jésus - la mère de Merlin était une vierge qui sa faisait remarquer par sa vie exemplaire et modeste.

De même que Jésus naquit dans une étable, émnailloté de langes - de même Merlin naquit en prison.

Mais quand en vit combien l'enfant était beau, combien son visage reflétait de sagesse, quand on vit que "son front brillait comme une étoile", alors on crut qu'il devait cher - cher sa destinée dans le monde et il fut remis en liberté avec sa mère.

On ne rencontre Merlin enfant qu'à l'âge de sept an. (Remarquez ici la typique analogie avec Jésus).


C'est à 7 ans, qu'un événement vient transformer complètement sa vie. C'est le moment de montrer au monde qu'il fait honneur au nom de Merlin, qui signifie: celui qui vit avec les serpents, car ce nom révèle déjà la prédestination de l'enfant.

Il n'est pas question en ceci de devenir un charmeur de serpents, comme il est dit de beaucoup de frères d'autrefois.

Non, on veut signifier en l'occurrence que Merlin était un être qui possédait le serpent de la sagesse, l'âme qui a établi en elle-même le Caducée d'Hermès.

Les deux serpents du bien et du mal, celui de droite et celui de gauche, les deux aspects où la dialectique, il les a vaincus, il les a terrassés tous deux, couronné qu'il fut du Sceau de la Sagesse.

Merlin, c'est donc celui qui sait, celui qui porte la Connaissance - et à l'âge de Sept ans, c'est à dire après son passage à travers les sept domaines d'attouchement du Saint Esprit, il se montre au monde tel qu'il est.

A l'époque précise où Merlin eut sept ans - dit la légende régnait en Bretagne un prince nommé Vortiger.

Ce Vortiger n'était qu'un usurpateur redoutant sans cesse d'être détrôné par le jeune et légitime prétendant au trône - Uter Pendragon.

Il bannit cet Uter et voulut construire une tour pour l'y enfermer afin que personne ne pût le délivrer et lui permettre de faire valoir ses droits au trône.

Mais cette tour s'écroulait chaque fois qu'on la bâtissait pour une raison impossible à déceler.

Tous les sages clercs et astronomes de sa terre conseillèrent au roi Vortiger de mélanger au mortier le sang d'un enfant de 7 ans, né sans père.

Vous comprenez ce qui s'en suivit.

Douze messagers coururent le pays pour trouver et enfant et on découvrit, parmi une foule de garçons qui jouaient, un enfant, qui s'approcha des messagers avant qu'ils aient pu lui parler, disant: Je suis celui que vous cherchez.

Amené devant le roi, Merlin lui expliqua pourquoi la tour s'écroulait sans cesse: "Roi Vortiger, lui dit-il, à l'endroit où s'appuie la tour, deux dragons, l'un roux et l'autre blanc, dorment sous deux grandes pierres.

Quand ils sentent le poids de la tour, ils se tourner et elle croule."

Le roi voulut vérifier les paroles de Merlin et ordonna de creuser la terre: "On découvrit, sous deux grandes pierres, deux dragons, l'un roux et l'autre blanc, hideux à voir et qui, se jatèrent l'un sur l'autre. Après un combat de trois Jours, le blanc cracha de sa bouche et de ses narines une flamme qui consuma le roux, après quoi la vainqueur se coucha, et mourut à son tour".

Cette légende nous montra un détail de l'enseignement des Druides, tout au moins de leur opinion sur l'époque à laquelle on était arrivé.

Le dragon blanc: le Druidisme, attaqué par le dragon roux: les hordes des chrétiens, meurt bien qu'il ait tué la forme extérieure du nouveau christianisme au moyen du feu infernal de la Vérité Universelle (ceci arrangé selon une légende).

Le dragon blanc triomphe et meurt cependant, son corps tombera en poussière.

N'en fut-il pas ainsi de la fraternité des Druides?

Leurs ordres furent dispersés, leurs communautés détruites, mais le monde a vu leur feu infernal, vu le triomphe sur le dragon roux, grâce à la Vérité cachée dans la légende du Graal.

Celle-ci n'est-elle pas considérée à présent comme l'une des plus belles et des plus profondes du Monde entier?

Ceux qui ne peuvent saisi leur secret ne savent - ils pas aussi que ces légendes transmettent une Doctrine?

Et c'est cette Doctrine qui triomphera toujours, bien que le vêtement extérieur qu'elle devra revêtir sera sans cesse souillé et détruit par le temps et les persécuteurs.

Ainsi, Merlin, à l'âge de sept ans, traduit aux hommes, d'une manière très simple, le Message des Druides, leur destin et celui de la Vérité.

Après cette aventure, Merlin est admis à la Cour et après bien des événements remarquables, s'appuyant en partis sur la Vérité et en partie sur les dires populaires, il fait la connaissance d'Arthur.

Car, en tant que forme matérielle, Arthur est lui aussi livré à l'histoire, avec laquelle pourtant il ne cadre pas puisqu'il représentera bientôt aux yeux de Merlin, un "don de Dieu" - un cadeau "de hasard" qui lui est apporté dans la "grotte" par l'élément - eau.

Cette rencontre entre Merlin et Arthur est, elle aussi, remplie d'événements mystiques et symboliques.

Il est difficile d'extraire la vérité enfouie sous la poussière de l'extériorité, car cette Vérité n'est pas pour tout le monde, mais seulement pour ceux qui, intérieurement mûris, comprennent le langage des symboles. et n'ont plue besoin de formes extérieures pour y fixer leur foi.

Merlin, le Maître des Serpents, reçoit donc Arthur et par son intermédiaire, donne le Jour à une légende merveilleusement belle.

IV - Arthur, l'homme qui reçut l'epée - âme

De nombreuses légendes rapportent que Merlin, le mage derrière le trône d'Arthur, se retirait habituellement dans la forêt de Northumberland, pour s'unir, là, aux sages esprits qui y habitaient.

Ici, les récits divergent, Il est visible que des faits ultérieurs s'ajoutent aux légendes anciennes afin d'adapter plus aisément les traditions à l'époque et à son mode de penser.

L'élection d'Arthur comme roi de Bretagne est un récit connu.

Est reconnu roi, celui qui peut extirper l'épée de la pierre de marbre où elle est plantée.

Aucun des chevaliers rassemblés n'y réussit jusqu'à ce que se présente le jeune Arthur agé de 16 ans, - et qu'il arrache l'épée avec la plus grande aisance.

Nous touchons ici à une tradition de haute classe: Un homme cherche le Graal ou la Pierre mystique en vue d'atteindre à la Royauté; il part en guerre et, lors d'un combat, brise son épée.

C'est là une claire indication de l'imperfection de l'épée royale, chez un homme en quête des choses spirituelles.

La royauté une fois conquise grace à l'épée symbolique, cette épée devient ensuite inutile car la royauté est une force symbolisant l'équité, la vérité et l'invincibilité.

L'épée d'Arthur, donc, se brise dans sa lutte avec le roi Pellinor.

En effet l'épée royale n'a jamais eu pour but de servir dans un combat à égalité avec d'autres; elle ne doit servir qu'à libérer le chemin qui mène à la royauté afin que l'homme qui cherche le Graal puisse d'abord et avant tout devenir un roi.

Arthur, jeune adolescent de 16 ans, (remarquez ici le nombre 16 - dont la somme des chiffres est 7), l'homme pur qui, dans sa claire jeunesse, se tient sous le rayonnement de l'Esprit Septuple, reçoit la possibilité d'acquérir la royauté et la prêtrise.

Il est appelé tout d'abord à la royauté afin que, par elle, s'éveille la prêtrise, grâce au pouvoir du penser qui pare le front comme une couronne.

Mais Arthur choisit autre chose.

Débordant de possibilités, Arthur a toute chance d'atteindre le Graal, mais il reste stationnaire, une fois devenu roi parcequ'il infléchit ce pouvoir sur le plan horizontal du monde et forge ses actions conformément aux intentions du monde.

Arthur est l'homme qui aspira à la bonté, à la vérité et à la justice, mais comme il employa l'épée royale à son service personnel, elle se brisa.

Comme jeune adolescent de 16 ans, néanmoins, une nouvelle chance lui fut donnée de s'en servir.

Sa préparation au Graal avait commencé et l'état de son sang lui permettait de recevoir des qualités d'âme.

Arthur fait connaissance, à ce moment de la Dame du Lac.

Cela signifie qu'il entre en liaison avec la force éthéric pure, sur la base de la connaissance et de la sagesse, à lui transmises par Merlin.

Comprenons que le roi Arthur - l'appelé - ne peut rien sans l'intervention de Merlin, le grand sage - qu'il a besoin de l'intermédiaire d'une prêtrise pour combler ses lacunes.

Selon la légende, Arthur part en voyage vers le Lac, accompagné de Merlin. Au milieu du lac, ils voient souchain s'élever un bras tenant une magnifique épée.

Merlin explique à son compagnon que c'est là l'épée qu'il lui a promise et que le Bras est celui de la "Dame du Lac".

Lorsque Arthur reçoit l'épée qui lui permettra d'entreprendre son pèlerinage de l'âme, alors commencent les difficultés.

Avec cette épée invincible dont le nom "Escalibour" signifie 'le plus pur et le plus sincère", Arthur continue à peiner au milieu des difficultés de sa cour, à se battre avec tous ceux qui l'attaquent, à se laisser entraîner par toutes les émotions ordinaires de la vie, ce qui le jette, armé d'Escalibour au milieu des combattants.

A part les soi-disant victoires d'Arthur sur ses adversaires, on n'entend rien dire de lui au sens spirituel.

On le montre cependant affligé, mélancolique soit à cause d'une bataille perdue, soit à cause de ses malentendus avec sa cour.

La grande joie du cœur ne lui est pas accordée.

Et on le comprend car Arthur n'a pas saisi le sens de sa mission.

Il est devenu un combattant pour le bien et le mal terrestres, un homme aux grandes possibilités, mais qui se laisse submerger par ces deux courants bien et mal - qui sont l'image du monde.

L'Epée Escalibour est le don le plus grandiose et le plus précieux offert à Arthur par Merlin, car il représente ici la pureté, l'intangibilité et la vérité du Message lui-même.

Merlin étant appelé à quitter ce champ de vie terrestre, il avait transmis sa connaissance à Arthur attendu que celui-ci était l'un Caïn, un homme-du-feu, un fils divin déchu, ou autrement dit qu'il possédait un atome - étincelle de lumière.

Ces hommes ces Caïn, sont semblables à Lucifer - ils s'emparent de la puissance, de la Royauté, mais doivent apprendre à participer à la Prêtrise par l'humilité, la dévotion, la foi et la sobriété.

L'homme Caïn a de grandes qualités - on le compare - avons nous dit, à Lucifer, au fils de Dieu qui, tel une comète éblouissante, plongea dans le chaos pour en faire un royaume matériel, l'imprégner de son feu créateur sacré.

En l'homme Caïn, s'unissent matière et esprit.

Il fait d'incessants efforts pour emprisonner l'esprit dans la matière alors que, de par sa naissance divine, par le principe âme divin - son cœur aspire sans répit à réaliser l'unique perfection.

De même l'homme-Arthur.

Tout ce que lui transmet la Sagesse, il l'attache à la matière.

Et, le moment venu d'entreprendre. réellement le Chemin du Graal, il assiste au départ, de ses chevaliers appelés, par l'ardent désir de leur cœur, à la quête du Graal.

Et à ce moment, Arthur pleure.

Il connaît ses chevalier, ce qui veut dire que, ayant la connaissance de lui-même, il s'aperçoit qu'il est en défaut, ses chevaliers partis, il restera, vide et seul, sans but, dans l'attente de la mort.

Il comprend également que quelques-uns ne reviendront plus à sa cour, que ceux qui reviendront auront changé et que la présence de ces êtres totalement transformés par le rayonnement du Graal, provoquera dans l'ordre de la Cour, de la confusion, des troubles, des querelles.

Tout est fini, en réalité, pour Arthur.

Il ne lui reste plus qu'à rendre à la Dame du Lac la puissante et pure épée Escalibour.

L'histoire nous dit comment meurt Arthur: face à la mort, au bord de l'eau, selon son désir. Car il veut cependant s'unir encore une fois à la Force éthérique pure, que symbolise l'élément eau.

Bien que gravement blessé, Arthur ne meurt pas avant d'avoir accompli sa tache, avant d'avoir contribué effectivement au processus d'évolution de l'âme.

Il ne peut sous aucune condition garder en sa possession l'épée- âme, car celui qui va mourir doit en faire cadeau.

Il rend donc son fluide-âme au microcosme, où le réclamera le prochain habitant, qui en prendra possession, car l'épée-âme n'est pas un bien personnel. - Arthur l'avait empruntée,

Et il sait cela.

Aussi l'épée doit-elle, à tout prix, être rendue à l'élément dont elle naquit, à l'eau.

Et ce sera là la dernière mission d'Arthur, de même que la dernière mission de chaque homme possédant une âme-divine tombée, sur la base de laquelle il a cherché une voie de vie.

C'est à regret qu'Arthur se sépare d'Escalibour.

Déplorant: ses fautes, il dit adieu à ses qualités d'âme, disant: "seul Lancelot est digne de te posséder".

En effet Lancelot, le père de Galaad, est aussi un homme appelé à conquérir le Graal, mais qui n'a pas lui non plus, atteint le but suprême.

Arthur le sait: Lancelot est un de ses courtisans, le meilleur, de tous, qui voulut" aplanir les chemins pour son Dieu intérieur.

Lancelot fit, lui aussi, alliance avec la reine, mais, il saisit la puissance, le sommet, avant d'avoir atteint la complète maturité.

Ces détails vous prouvent que nous ne devons pas considérer ces chevaliers du roi Arthur seulement comme des personnages en quête du Graal, comme des âmes à la recherche de leur Patrie, mais aussi en tant que courants actifs dans l'homme.

Au moment de mourir, Arthur ordonne à son écuyer "de rapporter Escalibour de l'autre coté de la montagne et de la rejeter dans le Lac."

Il existe donc à présent un mur de séparation entre Arthur et le Lac, c'est-à-dire la pure Force Ethérique - Arthur n'est plus capable à ce moment de rencontrer une fois encore la Dame du Lac.

Il abandonne cette rencontre à une âme inconsciente son écuyer, qui prend possession de l'épée et essaie de la conserver pour lui.

Car Giflet, l'écuyer, part bien vers le Lac, le voit, contemple une fois encore la beauté de l'épée et, regrettant sa mission, revient vers Arthur, l'épée cachée dans son sac, les lèvres prêtes au mensonge. Mais Arthur perce ses paroles car Giflet n'a rien vu ni rien entendu dans le Lac, après y avoir lancé son épée à lui, qui était indigne.

Arthur le renvoie donc, alors Giflet lance dans le Lac le fourreau et garde la lame. Seconde supercherie qu'Arthur dévoile bien vite et pour la troisième fois, il renvoie Giflet.

Et enfin, l'écuyer exécute l'ordre et à peine l'épée-âme Escalibour a-t-elle touché l'eau qu'une main apparaît qui saisit l'épée, la brandit trois fois puis disparaît sous l'eau.

C'est à ce moment qu'Arthur meurt, c'est-à-dire directement après la restitution de l'épée. Il ne peut en être autrement.

Il a essayé jusqu'à trois fois de restituer l'épée et n'y réussit qu'après la troisième fois.

Que signifie cet: après la troisième fois?

Cela signifie: dès que l'âme s'est retirée du penser, du vouloir et du sentir. Arthur meurt, il est entièrement dépouillé, vidé.

L'âme est retournée avec ses possibilités dans la demeure-âme et y restera, protégée milieu de la force éthérique pure jusqu'à ce que lui soit donnée une nouvelle possibilité de manifestation.

Ainsi l'on comprend pourquoi les chevaliers du Graal revenant à la cour: Perceval et Bohor, ne reviennent pas à celle d'Arthur dont on n'apprend plus rien par la suite.

La cour du roi Arthur s'est désagrégée, a cessé d'exister.

Ici prend fin la légende!

Tout le Chemin du Graal y est exposé, son symbolisme a instruit les âmes qui vont véritablement à la quête du Graal et de son accomplissement.

Et lorsque le monde honore Arthur comme le meilleur, le plus noble des hommes, nous y voyons de nouveau une tentative de s'emparer de l'Esprit de l'immatérialité, de la Vérité Universelle, afin que, par des falsifications, les revêtements, la confusion, cette Vérité Universelle n'atteigne jamais l'homme-âme tombé.

Car ce monde ne poursuit pas l'accomplissement du Graal, mais poursuit la satisfaction du soi - et ceux qui appartiennent à ce monde ne cherchent qu'à satisfaire leur égoïsme.

C'est pourquoi ils sont si passionnés "d'honneur, d'humanitarisme et de générosité"; tous simples courants sur le plan horizontal qui concourent à enchaîner l'humanité à son champ de vie.

Il y a beaucoup plus que la noblesse, l'humanitarisme et la bonté.

Il y a la spiritualité, spiritualité qui permet d'atteindre à la Prêtrise Divine.

Ce sont les Rois parmi l'humanité qui sont appelés à la Prêtrise; ce sont les âmes-divines qui sont élues pour leur mission; mais il n'a jamais été envisagé qu'elles asservissent leur noblesse spirituelle à la matière, bien qu'hélas! Ceci se produise souvent, et précisément chez ceux qui commencené la quête du Graal par l'auto-réalisation. Ce sont ces hommes royaux qu'empoigne la passion de la puissance et de la vanité, par ambition et pour satisfaire le moi. C'est à ces hommes précisément que s'adresse la légende d'Arthur.

Ils sont confrontés avec leur vocation, ils sont touchés jusque dans leur nature la plus profonde, ils se voient eux-mêmes en Arthur; mais ils oublient, qu'Arthur a failli également, qu'il devait faillir comme faillissent ceux qui enferment la légende du Graal dans le cadre du mysticisme, de l'occultisme ou de l'étique.

Les légendes du Graal s'élèvent bien au-dessus de tout cela: elles parlent d'une marche de l'âme qui sortant de la matière, monte vers le palais immatériel du Graal!

Car ceux qui emmènent la matière dans leur voyage vers le Graal, ceux qui ne peuvent lâcher leurs convoitises et désirs matériels avant d'entrer dans le palais immatériel, voient ce palais devenir pour eux une "fata morgana", un mirage!

Pensez en l'occurrence à Lancelot.

Et l'occultiste aussi bien que l'homme - moi, que font-ils d'autre que retenir à deux mains la matière et se mettre en quête du. Graal, ainsi équipés?

Nombreux sont ceux qui veulent, ou tout au moins pensent qu'ils veulent aller ce chemin, mais qui y font tant de réserves que le Graal leur reste toujours inaccessible.

Ils ont des rêves sur ce Graal, des hallucinations, des mystifications et perdent ainsi totalement le vrai chemin.

Réussissent-ils à entrer dans son Palais, à entrer dans le champ de vie où est gardée la Source de toute Sagesse, ils voient bien apparaître, le Graal, mais sont incapables de sonder sa véritable réalité.

Leur union avec le Graal lui-même ne s'effectue jamais.

Et nous vous renvoyons ici aux expériences de Gauvain et de Lancelot . S'Il est une chose que nous vous souhaitons, s'il est une chose que nous désirions pour vous tous, c'est bien la compréhension intime de cette légende merveilleuse du Graal, car elle n'est pas qu'une transmission symbolique, c'est aussi et surtout, l'histoire de l'âme tombée en route vers son Accomplissement.

C'est la description du retour des âmes tombées, des fils de Dieu, vers leur Royaume Original.

Ces âmes tombées, emprisonnées dans la matière aspirent à la délivrance et à la remontée, mais n'y parviendront jamais si vous, homme matériel, n'en êtes pas le pionnier.

Vous pouvez tous être un Arthur, un appelé, un homme royal; mais vous devez désirer devenir un Galaad, un Prêtre-Roi, l'appelé qui est prêt à mourir pour sa Victoire.

Puisse Dieu faire se lever en vous le chevalier du Graal.

V - Perceval, le chevalier de l'auto-réalisation

Poursuivant notre étude approfondie des légendes du Graal, nous nous tournons cette fois vers Perceval le Gallois, et nous commençons par établir avant tout le fait que nous considérons ce chevalier comme étant; le chercheur, celui qui s'efforce d'atteindre le Graal par une voie occulte.

Nous ne voulons pas signifier par là un homme qui, induit en erreur, a échoué dans sa tentative, mais un représentant de ce groupe de chercheurs qui, s'étant approchés de la source, se laissent séduire par l'idée de découvrir la Pierre des Sages au moyen du seul pouvoir cérébral.

C'est là une méthode qui a été essayée au cours des siècles par des millions d'hommes.

Les cinq chevaliers - dent Perceval - qui réussirent plus ou moins à atteindre le Graal, étaient tous issus d'un certain milieu et tous entourés du voile symbolique de figures et de mythes d'un sens mystérieux.

Perceval, dit la légende, est le plus jeune fils d'une veuve; il perdit ses 11 frère dans les combats, et sa mère quitta avec lui le pays, accompagnée de 12 ouvriers, à la recherche d'un foyer nouveau.

Ils arrivent dans le bois de Gâtée, le plus délaissé qui soit au monde et là, ils bâtissent ensemble une demeure; après quoi se déroulent les événements que nous connaissons, à savoir: la rencontre des cinq chevaliers dans la forêt, puis, malgré la défense de sa mère, le départ de Perceval à la recherche de la cour du roi Arthur.

Nous sommes donc ici dans le champ de la recherche: le lieu du monde le plus délaissé; et, après sa rencontre avec les 5 chevaliers Perceval décide de devenir lui aussi chevalier: en conséquence, il se met en quête du But choisi, sous la rayonnement de la quintuple étoile, autrement dit guidé par l'étoile de Bethléem, ou encore par sa rose microcosmique.

Nous rencontrons donc Perceval au début de son chemin de chercheur, et l'on dit de lui qu'il est le fils cadet de la veuve; indication relative à son état de maturité intérieure, aux possibilité qu'il possède d'atteindre le Graal.

En tant que "fils de la veuve", il entre dans l'histoire, en qualité "d'appelé, d'Homme portant au front la signe du feu."

Tous les "fils de la veuve" des légendes doivent aller une voie déterminée; porteurs de l'étincelle divine, ils sont appelés au Voyage de Retour.

Perceval est le cadet de la famille; ses onze frères l'ont précédé dans la mort, de sorte que sa mère craint qu'il ne succombe, lui aussi, dans le combat.

Elle est donc extrêmement triste, lorsque Perceval quitte la maison, en dépit de ses avertissements et de ses lamentations.

Tout ceci a un sens.

Vu en tant qu'aspirent à la queste du Graal, Perceval doit abandonner la "vieille maison" anéantie entièrement par l'ennemi, pour construire autre part, au milieu de la solitude, une Demeure nouvelle, avec l'aide de sa mère et de 12 ouvriers.

Nous nous trouvons ici en face d'une descente renouvelle de l'âme chercheuse et qui aspire, dans une personnalité née-de-la-matière en l'occurrence Perceval qui peut, éventuellement coopérer à l'accomplissement.

Travaillant sous le rayonnement du champ maternel, du champ de la Sainte Force Spirituelle, les ouvriers peinent à bâtir la nouvelle maison, ils préparent les champs, et le jour arrive alors où Perceval se sent poussé à explorer lui-même son chemin.

Comme nous vous l'avons dit, déjà, le nom Perceval signifie: Par soi-même.

C'est ainsi que nous voyons Perceval s'efforcer de se maintenir par lui-même, d'enrichir sa connaissance, de parfaire son expérience - au moyen de diverses méthodes.

Nous la voyons aussi commettre de nombreuses fautes, à l'égard de sa vocation d'âme - telles que, par exemple, le vol de la bague d'une demoiselle. Ce qui prouve sa tendance à vouloir s'élever par une connaissance de seconde main, en dérobant les trésors de l'âme et en s'en servant illicitement. Cet incident de la jeune fille dans la tente représente une rencontre entre Perceval et ses pouvoirs psychiques intérieurs; placé devant ses trésors intimes, il ne sait comment les employer, alors que nous dit le récit, la demoiselle aspire, au fond, à s'unir à lui.

Lorsqu'une légende parle d'une "demoiselle", ou d'une "vierge", elle a toujours en vue l'âme ou le pouvoir de l'âme, une force-vierge, endormie dans l'homme, mais qui aspire toujours, par l'intermédiaire de cet homme, avec l'aide de cet homme, accomplir son but.

C'est-ainsi que nous pouvons considérer le voyage de Perceval en quête de la Cour d'Arthur - où pour la première fois il contemplera le Graal - que se voyage, disons-nous, doit être vu comme la marche harassante de l'homme-feu qui veut vaincre par son seul pouvoir.

Et il n'y réussit pas avant d'avoir revêtu l'armure convenable; ainsi, Perceval reçoit du "vieux chevalier" une tunique venue d'Orient, afin de paraître dignement devant le roi Arthur.

Mais il ne la recevra, au plus tôt que lors du sixième mois passé chez le "vieux chevalier".

Et ce "sixième mois" nous devons le voir comme étant celui de la moisson, le mois de la vierge (le sixième mois est Août dans le calendrier astrologique original).

Ici Perceval entre de nouveau en liaison avec le champ de rayonnement, le champ maternel.

En parlant de Perceval, nous voulons avant tout relier avec lui l'âme, l'âme qui cherche et qui réagit. au moyen des actions de la personnalité matérielle qui l'enferme.

Nous pouvons dire également que Perceval est, à l'instant d'Arthur un type-Caïn.

Il appartient lui aussi à ce groupe d'Etincelles Divines tombées qui doivent retourner au Feu Rayonnant.

C'est ainsi que dans les légendes du Graal également, nous voyons représentés les deux types humain: Bohor et Perceval.

Abel et Caïn.

Le feu et l'eau qui doivent se joindre.

Gauvain et Lancelot sont. eux aussi, des représentants de l'élément-Eau et de l'élément-Feu.

Ceux qui partent à la queste du Graal sous le rayonnement du feu, agissent toujours par auto-réalisation.

Les types eau, eux veulent être guidés, cherchent leur satisfaction dans la mystique - ne désirent pas directement l'activité, mais aiment à philosopher sur la doctrine qui leur est transmise.

C'est pourquoi les rencontres des cinq chevaliers du Graal sont toujours différentes, bien qu'on trouve des points communs entre les aventures de Galaad et celles de Perceval, aventures qui font considérer souvent Perceval comme le Chevalier du Graal!

Toutefois le Graal apparaît seulement lorsque Galaad a pris sa place dans le cercle des chevaliers; avant cela personne n'a encore entendu parler de l'événement du Graal.

L'on comprend que les aventures des deux chevaliers susnommés se ressemblent. Tous deux, en effet, font leur queste du Graal; l'un, Perceval, guidé par les deux sanctuaires: tête et cœur.

Les éléments-sentiments manquent à Perceval alors que les éléments-feu existent en lui dans une large mesure: ce sont justement les aventures guerrières qui apportent une certaine analogie entre Galaad et lui.

A des moments déterminés, tous deux se trouvent face à l'âme et chacun réagit différemment.

Même aventures chez les autres chevaliers.

Le chemin de l'accomplissement du Graal reste inchangé, mais ceux qui le parcourent y impriment leur cachet personnel.

Tout homme trouve ce Chemin delon sa manière et réagit à sa propre façon en des aventures différentes, bien que, celles-ci soient, dans leurs grandes lignes, communes à tous les chercheurs. Chaque chevalier, autrement dit chaque chercheur, devenu mûr et riche d'expériences, chaque homme prêt à aller le Chemin de la Libération, voit ce chemin dans la Lumière de ses expériences personnelles, expériences enfermées dans le microcosme et sous l'influence desquelles agit la personnalité matérielle.

Perceval parvient au Palais du Graal, il y entre et avec ses compagnons Galaad et Bohor, il lui est permis de s'asseoir à la table que le Graal apporté promptement devant les chevaliers.

Il s'assied donc en compagnie du Roi-Pêcheur, le représentent de l'Antique Fraternité aidante sur terre.

Il est admis dans la chaîne des initiés, mais c'est Galaad qui reçoit le Graal pour l'emporter vers Sa Demeure originelle.

Parceval devient alors le compagnon-de-route; comme Bohor, il représente une force indispensable et ensemble ils doivent veiller sur le Graal.

Ce n'est que flanqué de Bohor et de Perceval que le Graal parvient à sa Demeure Eternelle.

A Perceval non plus, il n'est pas donné de regarder dans le Graal, pour y voir "le Commencement et la Fin"; cette faveur n'est accordée, dit-on, qu'à Galaad.

Perceval reste toujours du côté extérieur; il peut prendre part aux dons, mais ne peut les utiliser à son propre service.

Il est chargé de connaissance, il a traversé toutes les expériences et les a résolues à sa façon: néanmoins, il ne lui est pas permis de regarder dans le Graal et il doit s'en retourner à la cour du Roi Arthur.

Voici donc Perceval parvenu au sommet de sa réalisation, il sait le Graal à proximité de lui, mais ne peut cependant, ni Le toucher ni L'accueillir et il doit revenir en arrière pour un nouvel essai. Néanmoins, il a été instruit; il a appris à connaître et à apprécier la présence de Bohor en tant que force indispensable à la quête du Graal, à la marche triomphale finale jusque dans la Demeure Originelle.

Et dans une vie suivante - lui ou plutôt l'âme dans une nouvelle personnalité, tâchera de dévoiler le mystère du Graal s'appuyant sur la connaissance de Perceval et sur la loi de Bohor.

Combien de millions de Perceval n'existe-t-il pas dans le monde?

Combien puissants sont les penchants de la personnalité pour atteindre le grand But à l'aide de ses seuls pouvoirs!

Toute la souffrance et toute la douleur dans lesquelles sombre le monde moderne ne proviennent-elles pas de là?

Cette passion pour l'auto-réalisation, pour l'acte et pour la connaissance, n'est-elle pas cause que la plus grande partie de l'humanité poursuit, coûte que coûte, ses expériences dans tous les domaines?

Voyons en Perceval "l'ambitieux", la grande et forte personnalité, consciente de sa force et poussée par une aspiration intense à accomplir son but. Seulement, ce but, il ne sait pas encore où le trouver; mais en lui sommeille un désir vague, irraisonné qui le fait chercher, qui le contraint à quitter la maison de sa mère; et dès lors, avec une force croissante, la conscience-moi va de l'avant; la conscience-moi qui, de temps à autre, est confrontée avec l'âme dont elle attaqde alors les forces.

Et cela, jusqu'à ce que sa rencontre avec le "Vieux Chevalier" lui dévoile la véritable réalité de son lamentable état-d'être, tout son bluf, toute sa force, tombés à plat.

Aux yeux du "Vieux Chevalier", lui, Perceval, le chercheur sûr, de lui-même reste l'adolescent, celui qui ne cherche que durant une seule vie matérielle et qui emploie le temporel pour rencontrer l'éternel.

En conséquence, le "Vieux Chevalier" fait connaître à ce chercheur sûr-de-lui-même, la "tunique qui vient de l'Orient", la Connaissance et la Sagesse qui se rapportent à l'éternité et à la Lumière perpétuellement existante.

A l'Orient, disaient les Celtes, l'Esprit Universel naît toujours et à nouveau et de là-bas, il rayonne sur la terre, éclaire et réchauffe tous ceux qui en ont besoin.

Mais ceux qui se détournent de cet Orient, montrent qu'ils n'ont pas encore en eux le désir d'être touchés par le rayonnement de l'Esprit Universel.

Dès que Perceval a revêtu cette "tunique de l'Orient", ses réactions changent, sa personnalité se modifie. Il à acquis une Connaissance nouvelle quoique on ancienne nature redresse encore la tête de temps en temps.

Et ce n'est qu'une fois couvert de son armure de l'Orient qu'il contemplera le Graal, qu'il aura le droit de se compter parmi ses Chevaliers.

La question est de savoir si ce chercheur sûr-de-lui pourra oublier sa connaissance d'autrefois, s'il pourra maîtriser et renier son désir de se maintenir tel.

Parler de toutes les aventures de Perceval nous mènerait trop loin.

Toutefois, tout chercheur spirituel se reconnaîtra en Perceval si ce désir a accomplissement vit en lui, s'il' découvre en lui ce stimulant incessant vers la recherche, vers une connaissance toujours accrue. C'est le type d'homme qui n'accepte pas quoi que ce soir sur la foi d'autrui. Il ne peut croire que lorsqu'il a vu la foi concrétisée dans la matière et qu'elle est, non plus une foi, mais une réalisation.

Ainsi il continue à désirer oublient que, sans la "foi" - qui est une émotion du cœur - il n'éprouvera pas l'accomplissement du Graal.

Car tout ce qu'il éprouve n'est que réalité affectant la matière et ces expériences n'ont rien à voir avec l'évolution de l'âme elle-même.

Chaque expérience mûrit l'homme toujours davantage, mais l'âme reste vierge, elle attend le bras chevaleresque qui la libérera. Pourtant l'homme ne doit pas se laisser retenir par ces "aventures chevaleresques", s'y perdre, comme le firent tant de chevaliers.

Non, il doit songer a sa Mission.

Chacune de ces aventures survient afin qu'il acquière la maturité d'un chevalier de l'âme, afin que son bras et son armure aient la force nécessaire pour ramener l'âme à sa Demeure Originelle.

En Perceval également, nous pouvons donc nous reconnaître, surtout ceux qui peuvent se compter eux-mêmes, comme des "chercheurs qui scrutent à fond".

Ils courent cependant le risque, en se tenant dans la contemplation du Graal, de voir celui-ci passer à un autre parce qu'ils n'y sont pas mûrs eux-mêmes.

Ce chemin de Perceval ressemble à la voie occulte, car l'occultisme confine au gnosticisme. Ceux qui pratiquent l'occultisme jouent avec l'idée de la délivrance.

Ils ont suffisamment de connaissance, de force et de qualité, mais ils ne méprennent sur leur propre force et leur destination.

Perceval doit oublier Perceval pour servir la demoiselle - L'occultiste doit s'oublier lui-même pour servir l'âme.

Et c'est là la mission la plus difficile pour l'homme qui suit le Chemin de l'auto-réalisation. C'est pour cette raison que le "Vieux Chevalier", l'Aide, la Force Aidante, prend cet homme un certain temps chez lui, le tient sous sa garde jusqu'à ce qu'il puisse s'abandonner de nouveau au Champ de Force directeur.

Le chemin de l'âme tombée est merveilleusement décrit dans la légende de Perceval: tout d'abord, l'emprisonnement dans le microcosme - la sujétion à la matière - le pays de la solitude - et la rupture d'avec le Champ Maternel.

Puis les diverses Aventures, où l'âme souffre et où la personnalité acquiert ses expériences: se flétrissure à la cour d'Arthur.

Sa rencontre avec le "Vieux Chevalier" en vue de le reconduire de lui-même vers la réalité et de relier de nouveau l'âme à l'homme né de la matière.

Alors seulement, la vraie queste du Graal commence.

Seuls, quelques récits des légendes du Graal sont précieux.

Ainsi, par exemple:

les aventures des cinq chevaliers -

les comportements d'Arthur -

les procédés de Merlin.

Tous les événements ultérieurs ont la marque du moyen âge et sont entourés de l'atmosphère de cette époque.

Un chevalier était en ce temps un homme vaillant et intrépide, engagé dans nombre d'aventures romanesques et guerrières.

Mais entre les lignes nous remarquons les tons sobres et magnifiques d'une antique légende relatant les expériences et les souffrances d'une âme emprisonnée.

C'est à cette âme que nous devons prêter attention, car elle est le motif de notre présence sur terre.

Aussi est-il souhaitable que l'humanité arrive peu à peu à pénétrer la Vérité Universelle contenue dans ces antiques légendes afin de savoir quel est son but sur la terre.

Puissent-ils prendre en exemple ses aventures, ceux qui savent que le nom de Perceval - Par soi-même, est aussi la leur.

L'auto-réalisation est la juste méthode à condition qu'elle se fonde sur la foi et la connaissance - sur le cœur et la tête, sur Bohor et Perceval.

Puisse cette auto-réalisation croître en vous, afin qu'un jour vous regardiez dans le Graal et que s'ouvrent devant vous le Commencement et la Fin.

VI - Le chevalier Lancelot, chercheur du Graal

Quoique Lancelot ne soit pas l'un des personnages principaux de la légende du Graal, il ne doit pas échapper à notre attention cependant, en raison de sa collaboration importante à la mission de Galaad.

Lancelot était le fils unique du Roi Ban de Benoïc et de sa femme Hélène. Bien que baptisé sous le nom de Galaad, il fut toute sa vie appelé Lancelot.

Arrêtons nous un peu à ce petit détail typique, attendu que Lancelot devint le père de Galaad, bien connu comme chevalier de la Pierre Sacrée ou Graal.

La mention de son premier nom prouve la vocation de Lancelot, vocation qui consistait, non pas à trouver directement le Graal, mais plutôt à libérer son chemin de chercheur afin que son âme pût vivre la rencontre divine.

Lancelot remporte l'une de ses plus grandes victoires en sa qualité de père de Galaad, ce nom auquel il fut relié dès son premier cri, à sa naissance.

Galaad - Gilead ou Gal - Ed, signifia: le vierge l'intact, rempli de la force de l'esprit.

Le chevalier Galaad doit donc être considéré comme un chevalier des mystères, comme la personnification du plus haut bien spirituel du divin virginal de la force-âme qui est dans l'Esprit de Dieu.

Lancelot a donc une mission qui le relie à ce Galaad à cette force-âme virginale. Pour obtenir cette force-âme, il faut devenir un Prêtre-Roi.

La Royauté du sanctuaire royal de la tête, la courons, qui rayonne de l'étincellement de ses 12 paires de pierres précieuses doit coexister avec la Prêtrise du sanctuaire du cœur, siège de la religion et de l'amour compatissant pour les hommes.

A côté du Roi Arthur, Lancelot est l'un des chevaliers les plut éminents, royal en ses actes, invisible dans sa combativité, excessif dans son amour pour Guenièvre.

C'est cet amour pour la reine Guenièvre, époux du Roi Arthur, qui compta précisément comme l'une de ses fautes les plus grandes.

Dans l'histoire on a reproché à Lancelot d'avoir levé les yeux vers une dame du rang la plus haut et le plus noble de la cour, vers une femme qui appartenait à un autre.

Cependant considérons un peut ensemble, ce mystère. Lancelot possède les mêmes qualités qu'Arthur et il a, en outre toutes les qualités pour devenir un vrai Chevalier du Graal.

Il possède, donc à la fois la force qui mène à la Royauté et _la 1 force qui mène à la Prêtrise.

Mais est l'homme qui ignore encore ce qu'il veut être, qui ne connaît pas encore le juste chemin, et la juste méthode pour atteindre, au moyen d'un processus, d'une clef, le point culminant: la Prêtrise-Royauté.

C'est pourquoi il se tourne vers la Reine, il l'aime parce qu'une aspiration puissante à la royauté, à la réalisation de la vis de pensée la plus haute, coule en ses vaines.

Il ne peut attendre d'en posséder la clef, il veut parvenir au sommet et il y parviendra .... jusqu'à ce que Galaad arrive à la Cour.

Galaad, son propre fils, qu'il n'a pas reconnu, qu'il n'a pas connu, parce qu'il l'a engendré dans l'inconscience.

Galaad, place la Graal à portée des chevaliers - et soudain, par une impulsion de lumière, Lancelot lui aussi est touché dans le sanctuaire du cœur.

Il avait jusqu'alors concentré toute sa convoitise et tout son désir sur sa seule puissance, sur sa supériorité.

Le sanctuaire de son cœur, trompé par la tête, s'était dirigé vers le faux amour. Et brusquement, tout s'éclaire à présente il doit sa mettre en quête du Graal.

Il doit posséder ce Graal, c'est cela son but.

Et Lancelot, quitte la cour, abandonne tout ce qui l'attirait auparavant, laissant derrière lui Guenièvre profondément affligés.

Lancelot va se consacrer à la Prêtrise, mais sans avoir réalisé la Royauté. Et il s'efforce de devenir participant du Graal, en employant, une fois de plus ses anciennes qualités.

Combatif, il se bat contre tout et contre tous ceux qu'il rencontre, ne pouvant arriver à comprendre qu'il doit déposer l'ancienne armures. Il ne se bat pas à visage découvert et la légende nous rapporte qu'il se trompe plus d'une fois et commet faute sur faute.

Une fois encore, le Graal, lui apparaît, mais en rêve, le Graal, tendu à d'autres, tandis que comme le lui dit un chevalier.

Il ne lui est pas destiné, à lui, Lancelot.

Alors la courageux, l'énergique Lancelot est abattu, découragé, mais bientôt il reprend confiance en sa force et il poursuit son chemin, l'épée à la main, mais l'épée impitoyable et non l'épée de l'amour.

Toutefois Lancelot parvient au Palais du Graal, dans l'inconscience tout d'abord, comme un homme grièvement blessé, mais, plus conscient ensuite - bien que pas totalement prêt encore, car, comme le lui dit le portier, la tunique correcte lui manque.

Il entre néanmoins, il est témoin de l'apparition du Graal; mais n'y participe pas lui-même. Il est l'un des nombreux qui connaissent la Graal, qui comprennent son existence, mais ne sont pas à même de la posséder.

Da là vient que la Graal, lui apparaît dans un rêve et recouvert d'un linge. Et, marque typique du son caractère, après avoir contemplé le Graal, dans la Palais du Roi-Prêcheur, le chevalier Lancelot, repart immédiatement.

Il y a d'autres choses qui l'occupent: il doit enterrer un de ses frères de la Table Ronde, qu'il a tué de sa main, il a encore tant à faire.

Il est venu au Palais du Graal, en étranger alors qu'au fond il y était en pays de connaissance car la fille du Roi Pêcheur, qui assistait au repas du Graal, c'était sa femme, devenue la mère de Galaad, son fils.

Cela elle le sait, son Père également, mais Lancelot, lui, en est demeuré inconscient, bien qu'ayant en lui la possibilité d'un déploiement de l'âme, il l'ignore.

Il représente le chercheur qui part à la quête du Graal sans savoir encore où il doit chercher, ce Graal, sans connaître la raison ni la source de sa recherche, il est simplement poussé par une tendance microcosmique encore inconsciente, basée sur les expériences des nombreuses personnalités, qui ont habité avant lui son microcosme.

Il représente, lui, la somme de ces expériences, et il n'en est conscient que de temps à autre, par éclairs, quand il se tient dans le "silence" - quand il cesse d'être satisfait de lui-même de sa force et de son invincibilité.

Ainsi nous voyons Lancelot, après-avoir décidé de quitter le Palais du Graal, jeter un coup d'œil derrière lui et ne plus voir au lieu de Palais, qu'une plaine déserts.

Tout, pour lui, ne fut qu'un rêve, l'expérience du Graal est tout entière enfermée dans sa conscience microcosmique, y est gardée, peut-être pour la salut de la personnalité qui lui succédera, mais lui-même ne s'en servira plus.

Il veut retourner à la cour d'Arthur où il était renommé, où il pouvait dominer, où il avait le sentiment d'être "quelque chose", à cause de son amour pour Guenièvre qui le payait de retour. Mais tout se passe autrement.

En Lancelot, quelque chose a changé, sans qu'il le sache.

Son amour pour Guenièvre est souillé, méfiance, jalousie, désunion, naissent. Toute la cour d'Arthur semble en agitation, après le retour de quelques chevaliers.

Plus rien n'est pareil à autrefois.

Lancelot ne peut plus revenir à son ancien ordre d'idées, il cherche d'autres attraits.

Et Guenièvre commence à se méfier de lui parce qu'il délaises ses anciennes voies.

En effet quand, une fois, un homme est troublé dans le sanctuaire du cœur par l'aspiration vers l'accomplissement du Graal; quand la pré-souvenance, la corde sensible du principe nucléaire divin est touché, cet homme n'est plus le même qu'autrefois; il est pourchassé vers d'autres voies, il entre en conflit avec ses anciens intérêts et ses anciennes émotions et ne trouve plus aucune satisfaction dans son premier amour. C'est alors qu'il devient un véritable chercheur, un homme ballote entre la matière et l'Esprit et qui veut à tout prix conquérir l'Esprit.

Il a découvert que toute sa puissance, toute sa science, tout son désir insatisfait, ne l'ont pas rapproché du but.

Au contraire, il a compris qu'il doit se soumettre lui-même à certaines loies et il est impossible de jouer au proscrit.

Il y a certes de solides lois en relation avec une quête du Graal: des lois pour les rois, des lois pour les prêtres et ces deux sortes de lois doivent être accomplies, on ne peut suivre l'une et ignorer l'autre.

Lancelot est l'image d'Arthur, à cette exception près qu'il n'est pas encore l'homme royal, le maître-constructeur.

Il construit et démolit aussitôt; Il construit avec de faux matériaux et l'assurance qu'il a de lui-même détruit l'amour. Les dernières paroles d'Arthur: "Lancelot est la seul digne de l'épée-âme", sont justes!

Car Lancelot possède tout.

Il n'est simplement qu'inconscient, il reste, jusqu'à l'attouchement de la Lumière du Graal, le chercheur inconscient qui ne sait, ni ce qu'il cherche ni où il le cherche!

Il lutte contre ce désir inapaisé en lui, se défend, prêt à combattre jusqu'au bout.

Mais lorsque, dans la palais il contemple le Graal, la conscience lui vient comme en un éclair. Vous les connaissiez tous, ces éclairs de devenir-conscient, qui hélas, disparaissent aussi rapidement.

Toutefois, à ce moment là, Lancelot était supérieur à Arthur, car Arthur pleura tandis que Lancelot fut prêt à entreprendre - prêt à abandonner son premier et grand amour - pour souffrir pour ce Graal; privations et douleurs.

Il échoua cependant parce qu'il ignorait la loi et la méthode Gnostiques et qu'il n'était pas prêt à renoncer à sa présomption par l'amour pour cette loi.

Galaad, lui, se dépouilla de l'ancienne armure;

Perceval et Bohor également - mais Lancelot la garda.

Et ceci nous montre l'analogie entre cette signature des chevaliers du Graal et celle de l'homme qui s'engage dans une réalisation spirituelle.

Quelques-uns, parmi nous, ressemblent à Perceval, la personnalité occulte - d'autres à Arthur, l'homme royal - qui l'épée-âme en main, n'est pourtant pas en état de l'employer au service du Graal.

D'autres encore sont des Lancelot, non préparés à arracher la vieille armure, à retourner à zéro et à reconnaître: Je ne suis rien! Ils emportent partout avec eux leur assurance, leur conviction intime, même s'ils sont à un moment donné touchés dans le sanctuaire du cœur par un intense rayon de Lumière.

Nous vous demandons: Combien de Lancelot y a t-il parmi nous?

Touchés, un instant conscients et sa rendormant dans la présomption et le monde illusoire de la satisfaction de soi?

Combien n'en est-il pas, par le monde qui possèdent quelque part, au très fonds d'eux-mêmes, le savoir que le Graal - le Trésor des Persécutés - la Pierre des Sages - n'est pas une légende, mais une réalité bien délimitée?

Ils nient pourtant leur connaissance intérieure et avancent sur la voie large et facile.

Ils cherchent un compromis pour s'abandonner de nouveau aux choses du monde en dépit, du rongeant désir intérieur.

Ils sont pourtant amenés à découvrir leur plongée dans l'oubli,

l'aspiration rongeante demeure et qu'ils sont pour toujours liée à cette souffrance si intensément douloureuse du désir de la Pierre Mystique.

S'ils jettent cependant un coup d'œil en arrière vers la colone de lumière qui conduit à l'accomplissement la plus haut du Graal, ils ne voient que le désert - la porte derrière eux s'est refermée parce qu'ils ont choisi autre chose.

Et ainsi ils sont arrivée à un "non mans land" - D'une par Esprit des choses les repousse encore parce qu'ils ne veulent pas déposer l'ancienne armure et d'autre part ils ne s'intéressent plus à la matière du monde, parce qu'ils ont appris à connaître la force et la Lumière du Graal.

Ils sont donc véritablement des étrangers sur terre, des nomades, tel Lancelot repartant de la cour d'Arthur et recommençant à errer.

Ils appartiennent à ces légions de chercheurs véritables, mais incomplètement touchés la conscience n'étant pas encore allumée dans le sanctuaire de la tête; et qui, poussés simplement par une vague souvenance. s'égarent des milliers de fois en chemin; Ils deviennent des "âmes-en-peine" parce que, bien qu'en ayant au l'occasion, ils ont laissé échapper leur chance.

Ils se sont trouvés et s'en sont allés, s'occupant d'autres choses, devant d'abord comme dit la Langue Sacrée: "enterrer leur père".

C'est ainsi que la Légende du Graal nous apprend une fois de plus que l'être humain est le mystère le plus profond que le monde connaisse.

En lui, gît cachée, la "virginal désir de l'âme"; Gal ed, grâce auquel il est mis à même de mener à une bonne fin la Quête du Graal.

Mais l'homme, bien souvent, n'en est pas conscient, et c'est alors que se présente la voie douloureuse et difficile décrite par tant de Livres, de contes et le légendes, et que nous pouvons reconnaître dans notre propre vie.

La chevalier Lancelot qui appartenait aux Chevaliers du Graal, qui faisait partie des élus, se détourna à la fin et choisit la chemin spacieux, le chemin plain d'expériences douloureuses.

Puisse-t-on dire de nous, une fois, que nous reconnues la Voix quand Elle nous appela - afin que le Père de l'Univers dise: "Voici, celui-ci est mon fils bien- aimé; en qui j'ai mis toute ma complaisance."

"Et la colombe - l'esprit descendit sur Lui - la Prêtrise Royauté reposa sur ses épaules - le chemin de Croix étant véritablement accompli."

Que la force de la Gnose soit avec Vous!

©1977-2010 Henk et Mia Leene